L’Italia al pianoforte_Retour sur le concert de Vittorio Forte

Mercredi 28 novembre 2018

Le Centre Culturel Italien
  Dante Alighieri
   proposait un concert unique et précieux

Vittorio Forte

SALLE MOLIERE / OPERA COMEDIE
(place Molière Montpellier)

« L’Italia al pianoforte »

Œuvres
Girolamo  Frescobaldi, Domenico Scarlatti, Muzio Clementi,
Frantz Liszt, Nino Rota, Guiseppe Martucci
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One thought on “L’Italia al pianoforte_Retour sur le concert de Vittorio Forte

  1. Montpellier, mercredi 28/11/2018

    Caro Maestro,

    La Salle des Concerts de Montpellier , ce joyau à l’ITALIENNE, a fêté – avec vous Vittorio FORTE – ses cent-cinquante ans. Était-il plus bel hommage que ce voyage à l’Italienne auquel vous nous avez convié ? Une traversée de quatre siècles pour dérouler le fil d’Ariane de la musique instrumentale de la péninsule telle que vous la portez. Au cœur de votre programme, l’artiste vagabond, Franz Liszt, qui composa à Rome ses premières mélodies inspirées par la lecture de Pétrarque… Quelques années après, celui qui inventa le récital en solo, se trouvait à Montpellier où il donna deux concerts (16 et 19 août 1844). Ce séjour étant peu documenté, il est autorisé d’imaginer que Liszt interpréta, à côté de son Galop chromatique, ses Tre Sonetti di Petrarca dont il avait commencé la transcription pour piano, et que vous nous avez si brillamment offerts ce soir. Longue silhouette, chevelure endiablée… un ange passa ! Mais c’est bien vous, Vittorio qui avez, tout au long de la soirée, recréé pour nous chaque partition au plus près de son compositeur, interprété des pages d’une incroyable virtuosité, fait dialoguer vos mains sur le clavier, vos mains qui s’écoutent l’une l’autre, même dans les moments les plus puissants, les plus difficiles …

    Comme ‘mise en doigt’, en ouverture du concert, vous avez choisi la Toccata 2 (Secondo libro) du grand maître Frescolbadi (orgue et clavecin) originaire par ses racines musicales de Ferrare : clarté, précision avec des élans de virtuosité que l’on retrouvera tout au long de votre programme. Puis l’aria si populaire de Pergolèse Tre Giorni son che Nina, dans sa version pour piano de R. Joseffy (élève de Liszt), un premier clin d’œil vers l’opéra. Parmi les quelque 500 sonates de Scarlatti, vous en avez élu deux, dont la célèbre, K27 en si mineur, étrange par son minimalisme et le chassé croisé des deux mains qui se partagent la mélodie. Pour clore la première partie du concert, dans le droit fil de Scarlatti, vous mettez à l’honneur Clementi, non pas l’auteur du recueil d’études pianistiques et autres sonatines obligées dans l’étude du piano, mais le musicien reconnu comme « le premier des grands virtuoses », et qui va, (dans le même temps que Mozart, Haydn et Beethoven) jouer un grand rôle dans le développement de l’instrument moderne « le piano forte ». Et vous avez raison de présenter la Sonate en si mineur de Clementi comme l’ Appassionata des Italiens ! Avec son premier mouvement con fuoco qui cède brièvement la place à une douloureuse plainte, reprise dans le dernier mouvement, languido mêlé au tourmenté Presto… Merci de cette belle découverte. – sous vos doigts, une révélation. Mais trêve de feu et de tempête, les délicieuses variations « Au clair de la lune » permettent à l’auditoire de s’égailler d’un pas léger pendant l’entracte.

    Vous nous aviez expliqué en avant-propos votre choix d’insérer dans ce programme italien, les Sonnets de Pétrarque de Liszt, composés pendant le long séjour de l’artiste avec sa compagne Marie d’Agoult en Italie, directement inspirés par la littérature et l’art italien et constituant le second volume des Années de pèlerinage (la première Année prenant les paysages suisses comme source d’inspiration). En reprise, donc, ces trois pièces qui étaient, écrit-on, parmi les œuvres préférées de Liszt ; intenses chants d’amour dont vous nous avez rendu (avec ferveur) les puissantes envolées mélodiques.
    Et puis, le grand saut dans le répertoire contemporain (1964) avec Nino Rota et ses Préludes, très prisés paraît-il dans les conservatoires en Italie, mais rares en concert (me dit-on). Loin des musiques de films, ces petites pièces, sont autant de ‘vies minuscules’, tout en délicatesse, d’invitations à la douceur élégiaque et à la virtuosité, avec une pointe d’humour et de belles harmonies !
    Pour terminer votre programme, retour au XIXème s. avec la Fantasia du grand chef Martucci, compositeur à Bologne, admiré par Liszt et Toscanini. Une entorse à la chronologie pour terminer sur un nouveau clin d’œil à l’opéra ? Ou mieux, afin de réunir musique instrumentale et opéra, vous jetez-vous (corps et âme, aurait dit Stendhal) dans l’éblouissante Fantasia sulla Forza del destino de Verdi ? La salle est tenue en haleine, médusée, jusqu’au long silence du dernier ‘respir’ … De vous à nous, l’émotion est sincère, la Musica italiana existe vraiment et les bravi autant de Grazie mille du fond des cœurs.

    Sur la Place de la Comédie, les impressions de voyage se mêlent aux lumières de Noël – ça et là on entend : « Virtuosité… Elégance… Expression »…

    In attesa di poterLa ascoltare nuovamente Le invio, Caro Maestro, i miei più cordiali e musicali saluti.

    Françoise

  2. « Evoquer quatre siècles de musique nous parlant de l’Italie ou depuis l’Italie, c’est le défi qu’a relevé avec brio Vittorio Forte
    Du clavier baroque (Frescobaldi, Pergolèse, Scarlatti) à la musique de films de Nino Rota, en passant par le classique (Clementi) et les romantiques (Liszt, Martucci), nous avons apprécié son toucher précis, sensible, élégant de même que son aisance à établir complicité et intimité avec son public.
    Vittorio, sei forte !  »

    Marc

  3. « Vittorio Forte ,silhouette longiligne, chevelure romantique,élégance discrète, présentation concise des compositeurs italiens avec un accent imperceptible. Il n’en dira pas davantage car « après c’est difficile de jouer ».
    Moment de suspension. Il attaque une toccata , ses doigts se réveillent , nous emportent, nous restons suspendus de note en note , l émotion partagée s’installe. On voudrait applaudir sa virtuosité mais Vittorio continue. Soudain il se lève ému, salue, c’est déjà fini.
    Merci Vittorio pour ce moment magique qui transcende l’âme. »

    Martine

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